Acte de baptême de Marie Lourdais
Voici son acte de baptême qui corrobore celui de son décès à La Gaubretière (30 octobre 1856) : Jeanne Marie André, fille d’André Lourdais et de / Renée Roussel son épouse, née le quinze mars 1762 à la / Houssais, a été baptisée par moi soussigné le même jour, parrain / Jean Faliot, marraine Marie Ron…evay qui ne signent.
(Source : Archives départementales de l'Ille-et-Vilaine, cote 10 NUM 35097 17, commune de Domalain, 1761-1763, baptêmes et mariages ; le lieu-dit la Houssaye se situe à la pointe sud de la commune)
Evoquons à présent le destin peu ordinaire de cette femme…
Dans la nuit du jeudi 30 octobre 1856 s’éteignait paisiblement une vieille femme aveugle de 95 ans, dont le nom a marqué l’histoire du Haut-Bocage au temps de la Grande Guerre. M. de Rangot, le maire de La Gaubretière, nota ce décès à huit heures du matin dans le registre municipal : « Décès de Lourdais, Jeanne Marie Andrée… »
(Source : Archives départementales de l'Ille-et-Vilaine, cote 10 NUM 35097 17, commune de Domalain, 1761-1763, baptêmes et mariages ; le lieu-dit la Houssaye se situe à la pointe sud de la commune)
Evoquons à présent le destin peu ordinaire de cette femme…
Dans la nuit du jeudi 30 octobre 1856 s’éteignait paisiblement une vieille femme aveugle de 95 ans, dont le nom a marqué l’histoire du Haut-Bocage au temps de la Grande Guerre. M. de Rangot, le maire de La Gaubretière, nota ce décès à huit heures du matin dans le registre municipal : « Décès de Lourdais, Jeanne Marie Andrée… »
Plaque de la rue Marie Lourdais à La Gaubretière
Marie Lourdais n’était pas originaire du pays. Elle venait de Domalain, une petite paroisse du pays de Vitré, et s’était retrouvée – Dieu sait comment – dans le bourg de La Gaubretière où elle tenait une épicerie.
L’humble marchande commença à faire parler d’elle au début des persécutions religieuses en portant secours aux bons prêtres. Les autorités révolutionnaires hésitaient encore à s’aventurer dans le Bocage où les esprits s’échauffaient dès qu’il s’agissait de confier les églises à des intrus. Les curés protégés par leurs ouailles pouvaient donc continuer à exercer leur ministère. Il en fut ainsi au temps de la Grande Guerre qui libéra le pays de la présence républicaine. Marie Lourdais savait pourtant qu’il en allait tout autrement au-delà de la Loire. « Puisque les prêtres sont si malheureux du côté de Nantes, dit-elle, il faut que je leur offre mes services ! » Elle rassembla quelques articles d’épicerie pour se donner l’air d’une marchande ambulante, puis quitta La Gaubretière. Pour s’introduire discrètement à Nantes où elle était déjà allée pour son petit commerce, elle prit le costume et la coiffe des femmes du pays.
L’humble marchande commença à faire parler d’elle au début des persécutions religieuses en portant secours aux bons prêtres. Les autorités révolutionnaires hésitaient encore à s’aventurer dans le Bocage où les esprits s’échauffaient dès qu’il s’agissait de confier les églises à des intrus. Les curés protégés par leurs ouailles pouvaient donc continuer à exercer leur ministère. Il en fut ainsi au temps de la Grande Guerre qui libéra le pays de la présence républicaine. Marie Lourdais savait pourtant qu’il en allait tout autrement au-delà de la Loire. « Puisque les prêtres sont si malheureux du côté de Nantes, dit-elle, il faut que je leur offre mes services ! » Elle rassembla quelques articles d’épicerie pour se donner l’air d’une marchande ambulante, puis quitta La Gaubretière. Pour s’introduire discrètement à Nantes où elle était déjà allée pour son petit commerce, elle prit le costume et la coiffe des femmes du pays.
Emplacement présumé de la tombe de Marie Lourdais dans le cimetière de La Gaubretière. La date de 1761 a été calculée à partir de son âge (95 ans) à son décès. Mais Marie Lourdais est bien née en 1762.
A compter de ce jour et jusqu’à la fin de la Grande Guerre, elle n’eut de cesse de porter secours aux prêtres proscrits, de soigner les blessés, mais aussi de porter la correspondance des chefs vendéens. Nul ne prêtait attention à cette pauvre femme ployant sous le poids de son lourd baluchon, pas même les Bleus qui la croisaient au détour des chemins sans se douter un seul instant qu’ils laissaient filer la messagère de Charette et de Sapinaud.
Après la guerre, Marie Lourdais fut recueillie par Madame de Buor en récompense des nombreux services qu’elle lui avait rendus, et avec laquelle elle revint s’établir à La Gaubretière. Lorsque sa protectrice mourut en 1829, son neveu, M. de Rangot se fit un devoir de prendre en charge l’intrépide Vendéenne, alors âgée de près de 70 ans. Soucieux de préserver les souvenirs de sa protégée, il les consigna par écrit, sous la dictée de la vieille aveugle.
M. de Rangot plaidait à cette époque en faveur de sa commune afin de lui obtenir un legs en tant que « localité qui se sera la plus distinguée par son attachement aux principes religieux et monarchiques dans le temps de la Révolution ». La Gaubretière se trouvait en concurrence avec Chanzeaux. On collecta alors les témoignages des contemporains de la Grande Guerre, comme Pierre Rangeard ou Marie Lourdais, dont les mémoires firent finalement pencher la balance en faveur de La Gaubretière. Le legs lui fut attribué le 18 mars 1854. La commune reconnaissante a d’ailleurs attribué le nom de Marie Lourdais à l’une de ses rues.
Après la guerre, Marie Lourdais fut recueillie par Madame de Buor en récompense des nombreux services qu’elle lui avait rendus, et avec laquelle elle revint s’établir à La Gaubretière. Lorsque sa protectrice mourut en 1829, son neveu, M. de Rangot se fit un devoir de prendre en charge l’intrépide Vendéenne, alors âgée de près de 70 ans. Soucieux de préserver les souvenirs de sa protégée, il les consigna par écrit, sous la dictée de la vieille aveugle.
M. de Rangot plaidait à cette époque en faveur de sa commune afin de lui obtenir un legs en tant que « localité qui se sera la plus distinguée par son attachement aux principes religieux et monarchiques dans le temps de la Révolution ». La Gaubretière se trouvait en concurrence avec Chanzeaux. On collecta alors les témoignages des contemporains de la Grande Guerre, comme Pierre Rangeard ou Marie Lourdais, dont les mémoires firent finalement pencher la balance en faveur de La Gaubretière. Le legs lui fut attribué le 18 mars 1854. La commune reconnaissante a d’ailleurs attribué le nom de Marie Lourdais à l’une de ses rues.